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L'homme de Kaboul

14 mars 2011

« L'Homme de Kaboul », le jugement des blogueurs

Bonjour,

Vous trouverez sur ce blog les chroniques du thriller « L'Homme de Kaboul » de Cédric Bannel.

Enthousiastes ou critiques mais toujours libres, ces chroniques sont rédigées par une centaine de blogueurs littéraires dans le cadre de l'opération organisée par les éditions Robert Laffont et CanalBlog qui leur a permis de découvrir le roman en avant-première.

 


L'Homme de Kaboul - Cédric Bannel
envoyé par editions_robert_laffont. - Films courts et animations.

 

Maintenant, c'est à vous de vous faire une opinion !

« L'Homme de Kaboul » est disponible chez :

amazon                  fnac

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14 mars 2011

Cédric Bannel est sur Facebook !

Lecteurs et curieux, n'hésitez pas à rejoindre la page Facebook de Cédric Bannel.

Il y répondra à vos questions et partagera avec vous ses découvertes. Venez parler littérature avec l'auteur de L'Homme de Kaboul !

14 mars 2011

Enquête au pays des talibans : captivant !

Par Mlle TOC'APLUME

A Kaboul, le « qomaandaan » Oussama Kandar se voit confier l’enquête sur le meurtre d’un trafiquant qui, curieusement, semble intéresser les hautes instances locales. De son côté, entre Berne et Zurich, Nick Snee, membre d’une entité secrète agissant pour le compte de gouvernements et de multinationales, tente  de retrouver un banquier en fuite.

Rien ne sera épargné à ces deux hommes pour les empêcher de mener à bien leur mission : meurtres, trahisons, mensonges… Et si ces deux affaires séparées par des milliers de kilomètres étaient liées ?

 

Cédric Bannel nous entraîne en Afghanistan, loin de nos repères culturels et sociaux. Il nous fait découvrir le peuple afghan à travers ses traditions, ses croyances, ses pratiques parfois dans les zones les plus reculées. Des thèmes comme le port de la burqa, l’influence des talibans, la place des femmes, la religion dans la société jalonnent ce récit comme autant de petits cailloux qui nous guident dans la compréhension du fonctionnement de ce pays.

Si ce livre est publié aux éditions Robert Laffont dans la « collection best sellers », ce n’est pas un hasard. Pari réussi pour Cédric Bannel qui nous offre un roman au rythme haletant, sans concession pour le suspens qui reste entier jusqu’à la dernière page.

14 mars 2011

Une enquête de vérité

Par Guilloud

La différence entre un bon livre et un mauvais livre est qu'un bon livre, tu l'ouvres et tu le lis, alors que le mauvais livre, tu l'ouvres et tu le lis.

En ce sens, le livre de Cédric Bannel est un bon livre, car il est lecture d'ouverture.

C'est un de ces livres dont la lecture nous ouvre à un monde qui ne nous est pas familier. Liés par le fil des pages, on se retrouve pris dans un voyage entre le moyen-orient et l'occident, à la découverte d'une inter-culturalité dont les traits les plus vifs affinent notre portrait de l'humanité.

Deux univers qui se rencontrent: un Afghanistan déchiré entre tensions religieuses, ethniques et politiques et une Suisse traversée de ses inégalités sociales et économiques.

Deux hommes avec une même soif de justice qui prennent lentement conscience que leur loyauté et leur intégrité ne sortira pas indemne de leur quête de vérité. Entre Nick, le jeune analyste suisse dont les yeux s'ouvrent au fur et à mesure que son univers s'écroule et Oussama Kandar, ancien combattant contre les talibans dont les avancées de son enquête se font au rythme de ses prières.

Les personnages se rencontrent vêtus de préjugés et ce n'est qu'en se découvrant que les clichés font apparaître cette terrifiante vérité: le monde de l'homme de Kaboul n'est pas noir et blanc, il est ocre. Mélange de sable et de sang, de poussière et d'argent.

Le monde décrit n'est pas forcément juste, certes, la réalité d'un pays ne saurait être dépeinte en quelque pages, mais ce qui demeure est une véritable expérience; une plongée dans un univers aux valeurs étrangères qui a le mérite de dépayser.

Le livre de Cédric Bannel n'est pas à recommander, il est à lire, car il n'est pas une histoire qui vaut le détour, mais bien une invitation à un voyage que trop décrire ne ferait que desservir.

14 mars 2011

L’homme de Kaboul – «Polar engagé»

Par Hidayat Hussain

Ce Polar pour une fois ne prend pas comme héro un Occidental qui déjoue les desseins des ennemis de la civilisation mais un humble Afghan, un policier consciencieux qui prend ses enquêtes au sérieux même au risque de déplaire aux « Pouvoirs » à savoir le gouvernement en place à Kaboul et les forces de coalition.  C’est Oussama Kandar, le chef de la Brigande Criminelle de Kaboul. La vie d’Oussama Kandar est parcourue de l’histoire récente de l’Afghanistan. Il avait suivi un stage de perfectionnement comme jeune inspecteur à Moscou peu avant la période d’occupation soviétique avant de faire partie des Moudjahidines sous l’occupation soviétique. Pendant le règne des Talibans il est tireur d’élite dans les forces d’Ahmed Shah Massoud. Outre le dari, il parle couramment l’anglais et un peu de turc en plus de russe. Même s’il est connu pour sa piété il demeure une cible pour les Talibans. Il habite une maison modeste en brique et torchis, avec un toit plat, comme on en trouve dans tous les quartiers  populaires des villes afghans: Sa femme, Malalai Kandar, est  gynécologue. Indépendante, féministe et libre d’esprit. Elle avait effectué l’essentiel de ses études de médicine à Bakou, du temps de l’Union Soviétique. Elle supporte tant bien que mal l’ordre moral afghan, sa tache rendue plus facile par le fait que tous les patients sont des femmes.  Malgré trente ans de mariage et deux enfants  adultes, le couple affiche  une solidité aussi parfaite qu’au premier jour. Oussama n’a jamais trompé sa femme, ni  songé à en prendre une plus jeune.

 

L’histoire se déroule en grande partie à Kaboul  sur fond d’un pays occupé par les forces de coalition dont en premier lieu les américains qui soutiennent le régime corrompu de Karzai.  Des officines soutenues par les forces américaines, telle que "Blackwater", mercenaires utilisés par la coalition dans les missions sensibles,  se croient tout permis. S’y ajoute le fait qu’en proie à l’impopularité croissante le régime Karzai joue un jeu dangereux. Sous  couvert de réconciliation nationale avec les ex-talibans, il ouvre sournoisement l’appareil  d’état à leur influence, préparant de facto leur retour au pouvoir, sous une forme plus ou moins déguisé. 

 

Un homme d’affaires, Wali Wadi, est « suicidé » à Kaboul. C’est Oussama Kandar, en tant que le Chef de la Brigade Criminelle, qui mène l’enquête.  Wali Wadi était un intermédiaire, connu pour divers trafics en lien avec les autorités d’occupation. Il « gérait » les responsables publics locaux pour acheter leur silence pour le compte de «Willard Consulting » basée en Suisse qui assure des fournitures pour l’Iraq et l’Afghanistan dans le cadre de l’occupation par les forces de coalition. Ces fournitures donnent lieu aux détournements massifs de fonds : Faux certificats de bonne fin pour des usines ou des bâtiments imaginaires, commandes gonflées de carburant, d’eau potable et de toute sorte de produits de première nécessité, commandes d’armes fantômes destinées à des régiments imaginaires. Mandrake, directeur financier chez Willard Consulting, qui était en relation avec Wali Wadi et Ahmed Ben Gazi, qui assure la même mission en Irak  pour Willard Consulting que Wali Wadi en Afghanistan, s’empare de documents prouvant la corruption qui sous-tend ces fournitures et entend faire éclater la vérité.  Il veut dénoncer ces gangsters policés, qui ont fait de grandes études, qui portent costumes de marque et cravate de prix, mais des gangsters tout de même. Wali Wadi et Ahmed Ben Gazi sont assassines dans un intervalle de quelques jours. Mandrake réunit toutes les preuves de corruption dans un rapport qui détaille la méthodologie utilisée pour les détournements de fonds ,  y joint les extraits de comptes bancaires aux iles Caïmans, aux Bahamas, a Hong Kong, et bien sur en Suisse. Il quitte son travail et est en cavale pour échapper aux poursuivants de l’Entité commandités par Willard Consulting.. Qu’est que l’Entité ?  Elle est basée à Berne sous forme d’une structure très discrète de missions secrètes pour le compte exclusive de quelques gouvernements et grandes entreprises multinationales. Elle s’abrite derrière de multiples paravents qui en constituent les visages officiels, entreprises, associations à but non lucratif ou instituts aux noms évocateurs. Une vingtaine d’hommes appelés les »K » constituent les troupes de choc de l’Entité. Ils  vivent dans un secret encore plus absolu que le reste de l’équipe.

 

Nick est un analyste chez l’Entité. Sa curiosité sur la vraie nature de l’Entité est éveillée pendant la traque de Mandrake. Il décide de couper les ponts avec cet organisme. Il décide qu’il ne pourrait jamais faire confiance à des hommes aussi cyniques et cruels. Il a envie de les arrêter dans leur folie. Il a envie de les détruire. Il découvre que l’Entité essaie de liquider Oussama Kandar car il poursuit l’enquête sur le « suicide » de Wali Wadi  très consciencieusement et est parvenu à dépister Dortmund, l’agent de l’Entité qui avait tué Wali Wadi. Oussama Kandar échappe à toutes les tentatives de le tuer autant grâce a son réseau de contacts qu’a la chance.

 

Nick s’évade de l’emprise de l’Entité et décide de rejoindre Oussama Kandar à Kaboul afin de lui dire la vérité. Apres un long périple qui l’amène de Suisse en Italie, ensuite à Dubaï et à travers le Pakistan à Kaboul en Afghanistan, il se présente chez Oussama alors que celui-ci est sur le point de s’enfuir pour échapper aux hommes que les autorités à Kaboul ont lancés à ses trousses.  Entre autres il est aidé par un dirigeant Taliban planqué à Kaboul : Mollah Bakir, que Oussama Kandar découvre, est un révolutionnaire, un nationaliste croyant, plus qu’un islamiste.

 

Au fil de cavales rocambolesques, et d’histoires crapuleuses ce Polar « engagé » nous apprend beaucoup de choses sur la guerre en Afghanistan qui se révèle comme une guerre sans principes qui ne fait que prolonger le calvaire d’un peuple meurtri dont l’âme se trouve niée par plus de trente ans de guerres : occupation soviétique, brutalités sous le règne de Talibans et actuellement la prétendue guerre contre le « Terrorisme ».

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14 mars 2011

Un thriller en terrain inconnu

Par aBeiLLe_

 

À la fin du mois de janvier j'ai été approchée par CanalBlog pour participer à un partenariat/concours un peu spécial en collaboration avec les Éditions Robert Laffont. Il s'agissait de recevoir en avant-première les épreuves du nouveau thriller de Cédric Bannel, L'homme de Kaboul et d'en faire un billet sur mon blog pour tenter de gagner 5 livres de mon choix parmi une liste d'ouvrages (liste de titres très intéressants soit dit en passant!) venant des éditions Robert Laffont et un exemplaire de L'homme de Kaboul dédicacé par l'auteur. Un offre bien alléchante que je me suis empressée d'accepter.

 

Alors, qu'en est-il de mon avis sur l'histoire de cet Afghan incorruptible et de ce Suisse qui n'a pas froid aux yeux? Je ne vous referai pas un résumé de l'intrigue, je trouve la présentation de l'éditeur tout à fait complète et pertinente.

En ouvrant L'homme de Kaboul, je pénétrais en terrain inconnu. Je ne connaissais de l'Afghanistan que très peu de chose, je n'aurais pas su dire avec certitude où le pays se situait sur le globe, je savais que c'était "par là-bas" en pointant vaguement le Moyen-Orient, c'est tout dire! J'ai trouvé le contexte géographie intéressant, enrichissant. J'ai appris plus sur ce pays en mois de 400 pages qu'en regardant les bulletins de nouvelles des 10 dernières années! L'auteur n'a pas lésiné sur les recherches en vue de la préparation de son roman, ce dernier très bien documenté et facile d'approche pour les non-initiés. Mais attention, le tout n'est pas présenté de façon à étaler ses connaissances, c'est fait tout en finesse et là réside le talent de l'auteur. L'Afghanistan est un pays aussi complexe que fascinant et Cédric Bannel, entre les phrase bien tournée, un style fluide et rythmé, une intrigue intense, complexe et bien ficelée, nous a imaginé une histoire crédible aussi terrible que captivante. Un thriller d'espionnage de qualité à ne pas manquer!

 

 

9/10

14 mars 2011

Un exotisme passionnant

Par Sassenach

Oussama Kandar est commandant de la brigade criminelle de Kaboul et est appelé sur la scène d'un possible crime. Un petit trafiquant nommé Wali Wadi a été retrouvé mort chez lui, une arme à la main et tout pointe vers un suicide mais l'insistance du Ministre de la Sécurité pour faire classer l'affaire intrigue Oussama. Il décide de pousser l'enquête plus avant et découvre que la mort de Wadi a été mise en scène. Au même moment, en Suisse, une mystérieuse organisation nommée l'Entité a été embauchée pour retrouver un riche homme d'affaire qui aurait disparu avec un dossier sensible et un jeune analyse, Nick Snee, est mis sur l'affaire …

Je ne connaissais pas cet auteur et n'étais pas forcément attirée par tout ce qui est géo-politique, ne suivant pas les informations et n'étant donc pas souvent au courant de tout ce qui peut se passer dans le monde. Mais je suis toujours partante pour un bon thriller et celui-ci ne démérite pas ! Malgré mon manque d'intérêt pour l'Afghanistan et toute cette région (et mon manque de connaissances), j'ai été passionnée par cette histoire, suivant l'enquête d'Oussama Kandar, découvrant au passage un pan de la vie dans ce pays. Il semble que l'auteur s'est bien documenté de ce côté-là, étant lui-même allé dans la région pour mieux s'imprégner de l'atmosphère et des conditions de vie. De même, il semble qu'il se soit bien renseigné au niveau de tout ce qui peut être géo-politique (mais bon, il y a quand même eu un moment qui m'a fait pousser un oh de reproche … page 276, l'auteur déclare que la France a deux porte-avions … dans ses rêves peut-être mais pas dans la réalité !). Même si cela ne donne pas du tout envie d'aller se perdre du côté de Kaboul (étant une femme, cela peut encore plus se comprendre !), j'ai trouvé cette découverte très intéressante et l'ambiance bien rendue et assez cauchemardesque, avec tout ces manipulations et tentatives d'influence. L'histoire à Kaboul alterne avec l'enquête de l'analyste Nick Snee en Suisse et là aussi, c'est passionnant à défaut d'être moins « exotique ». Mais les rebondissements et les découvertes au fur et à mesure de l'enquête étaient là pour me scotcher aux pages. Difficile de poser ce livre au moment d'aller dormir car je voulais toujours savoir ce qui allait arriver. Je ne sais pas ce que vaut les autres livres de l'auteur mais s'is sont aussi bons, je vais me régaler à les lire !

14 mars 2011

Lettre ouverte à un nouveau grand du Thriller

Par Ferdie l'Oursonne

Cher Cédric,

Tout d'abord, j'espère que vous ne m'en voudrez pas si je vous appelle Cédric. On ne se connait pas mais après tout, on a approximativement le même âge (si j'en crois votre bio), et sur le Net il paraît qu'on peut être moins formel. Allez, on se tutoie, alors ? Nan, je plaisante.

Cher Cédric, donc. J'ai appris votre existence il y a moins d'un an : à la recherche d'un peu de lecture au rayon Thrillers, je suis tombée nez à nez avec votre premier roman, intitulé Le Huitième Fléau. Une histoire d'espionnage plutôt rigolote (une façon très personnelle de qualifier une histoire qui m'a plu, même si le terme n'est pas forcément des plus adaptés en l'occurrence) sur fond de maladie de Creutzfeld-Jakob (plus connue de nos services sous le doux surnom de "maladie de la vache folle"). Forcément, avec la MCJ (à ne pas confondre avec la MJC), le prion, un ancien de la CIA, un prix Nobel, j'en passe et des meilleures, comment aurais-je pu résister ? J'ai dévoré ce bouquin. Je n'en garde pas un souvenir impérissable - en la matière, difficile de lutter avec Robert Ludlum et sa série Covert-One, même s'il n'en a pas écrit tous les épisodes - mais là, on s'éloigne de nos moutons (ah non, de nos vaches). Mais de mémoire, l'histoire était plutôt bien ficelée, le style plutôt pas mal, bref une lecture plaisante.

Quelques mois plus tard, je tombe sur votre deuxième roman : "La Menace Mercure". Un terroriste menace Manhattan, un lieutenant de police tente de l'arrêter. Pas très original, sauf que le lieutenant en question cumule trois handicaps majeurs dans ce genre de situation : c'est une femme, arabe, défigurée dans un accident de voiture. Autre particularité : dans ce roman, paru en 2000, vous imaginiez un attentat aérien contre New York - zaviez un tuyau ou bien ? Peut-être pas, vu que, chez vous, il ne s'agissait pas de balancer des avions dans des gratte-ciels, mais de faire tomber des satellites sur Manhattan. Tout aussi flippant comme idée, je dirais, non ? Encore une fois, une lecture très prenante, encore mieux fichue que la première. Histoire de critiquer, je dirais bien qu'à certains moment, votre héroïne avait des réactions ou des pensées bien peu crédibles pour une femme, même très garçon manquée. Mais bien peu de choses, et je n'ai pas pu lâcher le livre avant la 343ème et dernière page. Scotchée qu'elle était, l'Oursonne. Et pourtant, en matière de thrillers, je suis plutôt difficile et quelques uns de vos confrères français ont déjà chuté de ma bibliothèque.

Alors forcément, quand Canalblog nous a proposé de découvrir votre dernier ouvrage en avant-première, j'ai foncé sur mon clavier pour m'inscrire. Et quelques jours plus tard, je me retrouvais déchirant fébrilement une enveloppe kraft pour en sortir ce roman au format même pas définitif : "L'Homme de Kaboul".

Je ne vais pas vous faire l'insulte de vous balancer le résumé de 4ème de couv, d'abord parce que, comme l'édition que j'ai n'est pas définitive, le résumé n'apparaît pas dessus. Aussi parce que, vu que vous avez écrit ce bouquin, vous devez déjà connaître l'histoire. Mébon, pour tous ceux qui lisent cette lettre ouverte, on va quand même rappeler ce que dit le site dédié à votre livre :

Quand Oussama Kandar, chef de la brigade criminelle de Kaboul, ancien héros de guerre contre les Russes et les talibans, découvre le cadavre de Wali Wadi, il n’imagine pas déclencher l’une de ces séries de minuscules événements qui se terminent en raz de marée. D'après Oussama, l’homme qui gît au milieu de son magnifique salon, une balle dans la tête, ne peut en aucun cas s’être suicidé, comme l’affirme le ministre de la Sécurité. Profondément intègre, opposé à la corruption qui gangrène son pays, Oussama croit en la justice. Par fidélité à ses principes, il refuse de classer l’affaire. Au contraire, en compagnie de ses fidèles adjoints, il s’acharne à remonter les pistes, à exhumer les vérités travesties. Dès lors, il est l’homme à abattre. Une aide inespérée lui vient d’un étrange personnage, Mollah Bakir, un taliban sorti d’Oxford sans doute plus dangereux qu’il n’en a l’air.

À l’autre bout du monde, en Suisse, le jeune Nick, analyste dans les services secrets, est lancé sur la piste d’un fugitif, dirigeant d’une entreprise très opaque aux ramifications internationales. L’homme s’est volatilisé avec un rapport secret qui paraît affoler plusieurs gouvernements. Quand il comprend que son organisation assassine des innocents dans sa quête désespérée pour retrouver le fugitif, Nick se révolte. Il découvre les sanglantes tentatives d’élimination dont a été victime, à Kaboul, un certain commissaire Oussama Kandar.

On va s'arrêter là : le reste du synopsis en révèle un peu trop sur l'histoire à mon goût (pour les curieux qui veulent la suite, allez la voir là - mais je vous aurais prévenus).

Comme les deux livres mentionnés précédemment, ce roman est hautement addictif : une fois entrée dans l'histoire, plus possible de le lâcher ou de lire autre chose. Déjà, choisir l'Afghanistan comme principal lieu de l'intrigue fait que tout autre lieu paraît fadasse. Dire que votre connaissance de ce pays est plus que précise serait très prétentieux - et idiot ! - de ma part : vous auriez tout aussi bien pu décrire les plaines de Mars et prétendre qu'il s'agissait des îles Kerguelen, et je vous aurais cru de la même façon. Vous êtes allé sur place, me direz-vous (et vos photos sur le site du livre le prouvent de façon éclatante), donc si cela sonne vrai, c'est parce que vous l'avez réellement vu et vécu. Hé bien c'est totalement gagné de ce côté-là : on est à Kaboul avec les protagonistes et à aucun moment on ne remet ces éléments en cause. Evidemment, parfois, on est choqué, révulsé même par certains détails un peu trop crus, voire gore (gros plans sur les restes de victimes d'explosion…), ou par des coutumes qui paraissent barbares à nos yeux d'Occidentaux bien paisibles (exemple le traitement infligé à certains personnages féminins, passage lu, ô ironie, le 8 mars, journée de la Femme…).

Un autre bon point niveau crédibilité, l'utilisation en léger saupoudrage de la langue locale (dari, si j'ai bien retenu ?). Mais ces passages ou mots ne sont pas traduits et si on arrive globalement à les comprendre avec le contexte, j'aurais bien apprécié un petit sous-titrage, parfois… Et puis l'Afghanistan est loin d'être un pays homogène en matière de population : entre Pachtounes, Hazaras, Tadjiks, Baloutches, Nouristanis… j'ai du mal à suivre. Vous allez me dire que vous avez inclus une bibliographie pour ceux qui souhaitent s'investir davantage et mieux saisir tous les enjeux : c'est vrai, mais mon côté impatient (et fainéant ,avouons-le) aurait beaucoup apprécié une annexe donnant rapidement quelques éléments pour faciliter la compréhension.

Ah oui ! Pendant que je laisse libre cours à mon côté hautement râleur, un point de détail : une cession, c'est un terme juridique désignant le transfert de propriété. Quand il s'agit de travailler sur un ordinateur, on ouvre une session. C'est idiot, mais cette coquille répétée m'a fait sursauter à plusieurs reprises, tellement une faute aussi basique me choquait en comparaison de la qualité du texte.

Mais revenons à L'Homme de Kaboul. L'histoire est passionnante, émouvante parfois. Vos personnages sont attachants, crédibles : Nick Snee le Suisse a des airs de Robert Redford dans Les trois jours du Condor - l'analyste embarqué malgré lui dans une aventure qui le dépasse mais qu'il mènera jusqu'au bout ; Oussama, le policier afghan, intègre, courageux, fidèle à ses valeurs et à sa religion - ce qui lui sauvera la vie à plusieurs reprises (vous avez d'ailleurs un peu trop souvent fait appel à cet artifice à mon goût, mébon…)  est hautement humain ; on tremble pour lui, on espère avec lui, l'identification joue à fond, ce qui est tout de même paradoxal entre une Occidentale plutôt tranquille et un Afghan, ancien héros de la guerre contre l'Union Soviétique et de la lutte contre les Talibans, qui dort avec une Kalachnikov et des grenades près de son lit…

En résumé, bah oui, j'ai beau râler, L'Homme de Kaboul m'a emballée. J'ai adoré votre style, très fluide, accrocheur, très page-turner comme disent les Anglo-saxons, maîtres du genre. Impossible de lâcher ce livre avant la fin - j'ai failli rater ma station de métro à plusieurs reprises, ça m'apprendra à lire dans les transports en commun !

Cher Cédric, donc, merci de tout cœur : vous m'avez fait passer un excellent moment de lecture. J'attends avec impatience votre prochain roman, en espérant que vous ne nous ferez pas languir à nouveau plusieurs années avant de l'écrire.

Thrillerement vôtre,

14 mars 2011

Deux enquêtes, une découverte

Par Héloïse

L'histoire : En Suisse, Nick, un jeune analyste employé par une mystérieuse et puissante organisation nommée "l'Entité", est à la recherche d'un fugitif, Léonard, disparu avec un dossier secret qui affole les plus hautes sphères du pouvoir. Au fur et à mesure de ses recherches, Nick comprend qu'on lui cache des choses et que l'organisation pour laquelle il travaille, emploie des méthodes plus que radicales pour s'acquitter de ses missions. Parallèlement, en Afghanistan, Oussama Kandar, chef de la Brigade Criminelle de Kaboul, enquête sur le soit-disant suicide d'un riche afghan qui traitait des affaires louches. Lui aussi comprend que les apparences sont trompeuses et qu'on tente d'enterrer l'affaire, notamment par le biais de son ministre de tutelle. Et même si elles se déroulent à des milliers de kilomètres l'une de l'autre, les deux affaires vont inévitablement finir par se rejoindre...

On suit donc les deux enquêtes en parallèle. On suit le parcours de deux hommes seuls et démunis face à une organisation qui dispose d'un pouvoir, d'une force de frappe et de moyens bien supérieurs. Mais, il s'agit également de deux hommes déterminés et portés par un désir de justice et de vérité qui les soutiendra jusqu'au bout, quoi qu'il en coûte. On sent vaguement que l'auteur pousse le bouchon un peu loin - le recours au fameux "seul contre tous" n'est jamais bien réaliste - mais au final, ce n'est pas gênant, on suit quand même les deux personnages principaux dans leur recherche et leur lutte, avec anxiété et intérêt.

La première force du livre réside évidemment dans la progression de l'enquête, la mise en oeuvre d'une tension grandissante au fur et à mesure que les protagonistes déterrent des parcelles de vérité. La tension est également soutenue par l'acharnement certain à l'encontre d'Oussama, qui échappe à de nombreuses tentatives d'assassinat mais perd peu à peu l'ensemble de ses collaborateurs... Une "chance" qui peut paraître un peu exagérée, mais qui sert parfaitement la progression de l'intrigue et l'atmosphère générale du thriller.

L'autre intérêt est évidemment la découverte (en ce qui me concerne) de l'Afghanistan (même de roman). L'auteur s'est documenté et est allé sur place  ; il nous rapporte donc quelques  portions de réalité  (à prendre avec des pincettes) sur le pays et sur sa capitale. Ce qu'il en révèle est assez saisissant et effrayant, avec une impression de misère générale et d'un quotidien dominé par la violence et la peur. Mais il parle aussi de la beauté d'un pays aux multiples ressources, ainsi que de ses habitants, complexes et insaisissables, comme nous le sommes tous. 

Outre l'aspect policier, il est question de beaucoup de choses dans ce roman. Il est question de foi, d'obscurantisme, de modernité, de pauvreté, de la condition de la femme, de terrorisme, mais aussi de cupidité et de politique, le tout formant un ensemble relativement subtil et nuancé. Il est question de la guerre, des Talibans modérés aux plus extrémistes, de la coalition, de l'Otan et des rôles plus ou moins avouables (ou doubles) que chacun jouent dans les difficultés d'un pays à se reconstruire dans la paix et la réconciliation. L'espoir n'est pas vraiment de mise et laisse plutôt la place à un certain constat d'échec, aussi bien du côté des "occidentaux" que des afghans, et le sentiment qu'il est urgent pour les populations que les choses changent.

Ce roman a ainsi été pour moi l'occasion d'une lecture enrichissante et agréable, autour d'un récit bien déroulé et qui tient en haleine.

14 mars 2011

Cache-cache mortel en Afghanistan

Par Gergui

Style vif et haletant qui soutient un suspense bien construit. Le lecteur est rapidement pris dans l'intrigue qui le jette dans les cheminements parallèles des personnages principaux: Oussama KANDAR et Nick SNEE.

L'Auteur, Cédric BANNEL, fait une présentation de l'Afghanistan remarquable, très documentée. On découvre la vie ou plutôt la survie du peuple afghan qui tente , vaille que vaille, de traverser  jour après jour l'incroyable carnage aveugle. Le roman nous apprend en particulier le stupéfiant état moyenageux des paysans et l'horrible situation des femmes. Les dangereuses tribulations des héros nous entraînent dans les meurtriers conflits internes aux clans gouvernementaux, dans les redoutables factions talibanes et les agissements sournois des pays intéressés par à l'après guerre, le tout ponctués d'agissements de bandits cruels. La mort, d'un simple coup de poignard ou d'une arme de dernière technologie, peut venir en permanence dans ce cheminement dans la perplexité et l'hypothèse.

L'HOMME de KABOUL, Oussama KANDAR, s'attache très vite la sympathie du lecteur. Son engagement clair et fidèle pour rétablir un fonctionnement régulier à son pays, face à la montagne des corruptions, crimes et violences, est édifiant. On craint pour lui et pour sa courageuse épouse! Leur vie pèsent si peu devant le cynisme et l'obscurantisme armés par des mains corrompues et des calculs politiciens.

Le contexte afghan est fortement décrit, on peut trouver plus faible et plus convenu le milieu "espion"  où évolue l'autre héros, Nick SNEE.

L'HOMME de KABOUL offre un autre regard sur le conflit interminable qui martyrise une région entière. On pense en particulier aux otages, Hervé GHESQUIERE et Stéphane TAPONIER, journaliste de "pièces à conviction" pour FR3, retenus depuis le 30 décembre 2009!

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