L'homme de Kaboul

Découvrez L'Homme de Kaboul, le nouveau thriller de Cedric Bannel, publié chez Robert Laffont. Une enquête policière saisissante, plébiscitée par de grands éditeurs du monde entier avant même sa sortie en France.

On commence à Kaboul

Par la Voie du Guerrier

"Lisez, critiquez et p'tet que vous gagnerez." C'est, en substance, ce que proposait ce sympathique concours organisé par canalblog en partenariat avec les éditions Robert Laffont.
Un bon auteur vous le dira, quand on écrit, il est important de varier les genres dans ses lectures. Ça permet de vous ouvrir l'esprit et d'apprendre. Je ne le fais pas et ce n'est pas bien. C'est pourquoi j'ai vu dans ce concours une opportunité d'y remédier quelque peu et, dans la foulée, d'inaugurer les critiques littéraires sur la Voie du Guerrier !
C'est donc avec un œil relativement neuf en matière de thriller et un œil d'auteur relativement aguerri que je me suis lancé dans la lecture de cette "seconde épreuve" (le bouquin "brut") de l'Homme de Kaboul, de Cédric Bannel.
Tout commence à Kaboul, en Afghanistan. Le chef de la police criminelle, Oussama Kandar, est averti du suicide d'un intermédiaire véreux et se rend sur place pour conclure rapidement qu'il s'agit en réalité d'un assassinat. Flic intègre, Oussama est bien décidé à mener son enquête, malgré la corruption ambiante et le peu d'enthousiasme de son supérieur. À l'autre bout du monde, en Suisse, Nick Snee, jeune analyste de talent au sein d'une société spécialisée dans les opérations de l'ombre, se voit confier par son chef la mission d'enquêter sur un fugitif placé au sommet de leur liste prioritaire. Le rapport entre ces deux affaires ? Aucun, du moins, à première vue...
Étant donné que je me cantonne essentiellement à la lecture de fantasy (Oui, pas bien...) je n'avais jamais entendu parler de l'auteur. La première chose que je peux en dire, c'est qu'il sait raconter une histoire. Le récit suit son chemin sans lassitude et on a assez souvent envie de tourner les pages. Bonne chose. Pourtant, tout n'est pas parfait.
Pour commencer, si Oussama est un bon personnage, attachant et charismatique, c'est déjà moins le cas de Nick, qui est plus en retrait, effacé et pas franchement creusé. En outre, à de rares moments, j'ai trouvé que les échanges entre lui et d'autres, comme son chef, manquaient de punch, de crédibilité. On me dirait que l'auteur préférait raconter les passages en Afghanistan que je le croirai volontiers. D'ailleurs, les éléments secondaires tendent à le prouver, eux qui sont plus présents et plus réussis que ceux rencontrés en Suisse, Joseph mis à part.
Si je voulais pinailler, je remarquerais aussi que certaines descriptions de personnages, au début seulement, souffrent de ce qu'on appelle la "description jeu de rôle". Du genre "il est petit, il porte un pantalon brun, une chemise rouge, il a les yeux verts et une cicatrice sur la joue."
Quelques coquilles sont également à signaler mais ça, c'est peut-être parce qu'il ne s'agissait pas de la version définitive du livre.
En plus du manque de charisme de Nick, l'autre ennui principal, à mes yeux, c'est l'utilisation un peu trop fréquente des "deus ex machina". Une fois, je veux bien, deux, mettons mais c'est la limite, trois, non. À partir de là, on ne se fait plus trop de souci pour les protagonistes parce qu'on imagine bien qu'ils finiront par s'en tirer. Et c'est dommage. Certes, c'est la norme. Les écrivains qui n'hésitent pas à tuer allègrement leurs personnages centraux ne sont pas si fréquents, mais Cédric Bannel aurait dû s'efforcer de ne pas utiliser ce processus qui amoindrit un peu le réalisme de son histoire.
Par ailleurs, en parlant de réalisme, j'ai été impressionné par cet aspect très bien rendu sur l'Afghanistan. On sent qu'il y a un gros travail de documentation derrière que je ne peux que saluer, tant le pays n'a rien d'un coin touristique facile d'accès. L'auteur m'a appris quelques trucs et m'a permis de porter un regard moins caricatural sur cette contrée que nos yeux d'Occidentaux ne connaissent que par les images renvoyées par les médias et devenues tristement banales.
En conclusion, si l'on excepte les petits défauts sus-cités, pas trop graves, l'Homme de Kaboul est un roman agréable et dépaysant dont le décor inhabituel et les personnages qui y évoluent en sont l'atout essentiel.

 

Posté par Staff Melyonen - La Voie du Guerrier - Commentaires [0] - Permalien [#]
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